Le 29 janvier dernier, l’Assemblée nationale a voté en première lecture la proposition de loi visant à réguler la location des logements saisonniers. Portée par la députée Renaissance, Annaïg Le Meur, et le député PS, Iñaki Echaniz, cette initiative vise à remédier au déséquilibre du marché locatif dans les zones tendues, aggravé par la crise du logement. Le texte, adopté avec 100 voix favorables contre 25, prévoit des mesures significatives pour favoriser le logement permanent dans les zones touristiques tout en restreignant les avantages accordés aux locations saisonnières, notamment celles proposées sur des plateformes telles qu’Airbnb.
Réforme Fiscale des Locations Courtes Durées
L’une des modifications majeures concerne la niche fiscale associée aux locations saisonnières. Accusée de décourager la location longue durée, cette niche voit son taux d’abattement fiscal réduit de manière significative. Alors qu’auparavant, les loueurs de locations de courte durée bénéficiaient d’un abattement de 71% jusqu’à 188 700 euros ou 50% jusqu’à 77 700 euros, la nouvelle loi ramène ce taux à 30%. Seules les chambres d’hôte, les gîtes ruraux, et les stations de ski maintiendront un abattement de 71%. Cette mesure vise à réorienter les propriétaires vers des locations à plus long terme, stimulant ainsi l’offre de logements sur le marché.
Diagnostic Énergétique Obligatoire pour les Locations Saisonnières
Une autre mesure phare de la loi concerne l’extension de l’obligation de diagnostic de performance énergétique (DPE) aux meublés de tourisme en location courte durée. Auparavant, ces locations n’étaient pas soumises à cette obligation, mais la nouvelle législation vise à éviter un déplacement des biens immobiliers de location longue durée vers les locations saisonnières. Cette mesure s’inscrit dans une logique de promouvoir des locations temporaires qui respectent des normes énergétiques, contribuant ainsi aux efforts pour une transition écologique du secteur immobilier.
Régulation Locale des Locations Touristiques
Si la loi est adoptée par le Sénat, les maires auront accès à divers outils pour réguler les meublés touristiques sur leur territoire. Ils pourront non seulement réduire la durée maximale de location d’une résidence principale de 120 à 90 jours par an, mais aussi instaurer un nombre maximal de logements en location saisonnière au sein de leur commune. Ces mesures donnent aux autorités locales la possibilité d’adapter la régulation en fonction des besoins spécifiques de leur communauté.
Réactions Positives
Guillaume Martinaud, président de la coopérative Orpi, a salué cette avancée législative en déclarant que c’est une « première victoire ». Il souligne l’urgence d’agir face à la crise du logement, en particulier à la lumière des contraintes imposées aux propriétaires sur les locations longues durées. Martinaud souligne que de nombreux propriétaires se sont tournés vers la location touristique en raison des incitations fiscales, contribuant ainsi à une pénurie de biens disponibles sur le marché immobilier ces dernières années. Selon lui, des mesures fortes sont nécessaires pour encourager les propriétaires à réintégrer leurs biens sur le marché de la location longue durée, permettant ainsi de répondre à la demande croissante de logements.
Conclusion
En conclusion, en introduisant des modifications fiscales, des obligations énergétiques et des outils de régulation pour les autorités locales, le législateur cherche à encourager la location permanente tout en limitant les avantages des locations saisonnières. L’adoption définitive de cette loi pourrait marquer un tournant majeur dans la gestion du logement en France, répondant aux préoccupations croissantes liées à la crise du logement.








